Information médicale avant exérèse d’une lésion cutanée

Cette fiche a pour but de vous informer sur l’intervention d’exérèse d’une lésion cutanée qui vous a été proposée. Elle aborde le déroulement de l’opération, les suites habituelles et les risques à connaître. N’hésitez pas à poser toutes vos questions au Dr Pierrillas avant l’intervention.

Pourquoi opérer ?

Il existe différentes lésions cutanées qui nécessitent d’être retirées. Les plus fréquentes sont : les nævus (grains de beauté) peu esthétiques ou risquant de se transformer en mélanome, les kystes épidermiques ou sébacés et les tumeurs bénignes diverses.

Les carcinomes basocellulaires, cancers cutanés qui imposent d’être retirés mais sont sans gravité sur le plan général. Leur exérèse nécessite souvent de passer à 5 mm de la lésion, ce qui augmente d’autant la taille de la perte de substance à réparer.

Les carcinomes spinocellulaires et les mélanomes sont d’autres lésions cancéreuses de la peau imposant également d’être enlevées avec une marge de sécurité. La très grande majorité des cancers de la peau sont guéris une fois retirés. L’exérèse d’une lésion cutanée est décidée selon son aspect, le résultat d’un prélèvement (une biopsie déjà effectuée ou après un résultat d’ablation insuffisante), parce que la lésion est située à un endroit où elle est traumatisée régulièrement (rasage) ou disgracieuse sur le plan esthétique.

Comment se déroule l’intervention ?

L’intervention se déroule habituellement sous anesthésie, parfois générale selon l’importance du geste. La lésion est enlevée par le chirurgien et sera adressée pour examen au laboratoire d’anatomopathologie. Quatre techniques permettent la fermeture de la peau :

  1. Suture simple par rapprochement des berges. C’est le plus simple, mais pas toujours possible.
  2. Lambeau : une palette de peau est prélevée au voisinage de la lésion et déplacée pour couvrir la perte de substance. Cette technique donne souvent de très bons résultats esthétiques mais expose à un risque de nécrose avec nécessité d’une nouvelle intervention.
  3. Greffe de peau : une pastille de peau est prélevée (derrière l’oreille, au-dessus de la clavicule, sur le scalp, le bras ou la cuisse) puis appliquée sur la perte de substance. Cette technique est simple mais présente le risque d’échec de prise de greffe et peut laisser une différence de couleur entre la peau saine et la greffe.
  4. Cicatrisation dirigée : après exérèse de la lésion, on applique un pansement gras pro-inflammatoire qui fera bourgeonner le fond de la perte de substance. Cette technique impose de nombreux pansements (parfois plusieurs semaines) et peut laisser une cicatrice peu esthétique.

Les suites opératoires

Les douleurs sont le plus souvent légères et cèdent en quelques heures sous antalgiques habituels comme le paracétamol. Un œdème est fréquent au niveau du visage, il peut s’accompagner d’une ecchymose. Les pansements varient selon la technique employée. La cicatrisation dirigée nécessite des pansements fréquents pendant une longue période (quelques semaines) réalisés par un(e) infirmier(e).

Les douches sont parfois autorisées par le chirurgien uniquement si la plaie a été suturée ; il faut alors soigneusement sécher la plaie et refaire le pansement. L’ablation des fils est fixée par le chirurgien car très variable (5 à 15 jours).

Le résultat de l’examen de la lésion est réalisé par un laboratoire d’anatomopathologie. Parfois, l’exérèse est incomplète et le chirurgien peut décider de réaliser une nouvelle exérèse complémentaire. Le massage de la cicatrice doit être commencé un mois après la cicatrisation. La cicatrice devra également être protégée du soleil.

Les risques

Un malaise est possible pendant l’intervention (malaise vagal ou hypoglycémie) — il est rapidement réversible. L’allergie au produit anesthésiant est rarissime mais dangereuse ; en cas de doute, un bilan allergologique peut être effectué avant l’intervention. L’hémorragie ou l’hématome peut nécessiter de réintervenir. L’infection se traduit par une douleur locale vive, une peau rouge, parfois un écoulement de pus nécessitant des pansements répétés.

La cicatrice varie énormément d’un patient à l’autre : normale, elle est rose et épaisse pendant 3 mois puis s’estompe progressivement en 1 à 2 ans. Parfois elle est hypertrophique ou chéloïde (surtout aux oreilles et chez les patients à peau foncée), traitée par des soins locaux. Des douleurs résiduelles ou une perte de sensibilité sont exceptionnelles.

Ce que vous devez prévoir

Ne pas prendre d’aspirine dans les 10 jours qui précèdent l’intervention. En cas de doute concernant votre traitement, apportez votre ordonnance à votre chirurgien. Sous anesthésie locale : il est souhaitable de bien déjeuner le matin de l’intervention. Une consultation postopératoire sera nécessaire pour l’ablation éventuelle des fils. L’arrêt de travail n’est pas systématique et dépend de l’importance de l’intervention.

Ces informations sont là pour vous préparer sereinement. N’hésitez pas à contacter le Dr Pierrillas si vous avez la moindre question avant votre intervention.